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Plus que des terrains de jeux pour enfants dans les camps de déplacés

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An extended account of the design ethnography project from which this entry draws appears in "Economies of Humanitarian Architecture" in the peer-reviewed Interventions: The International Journal of Postcolonial Studies. You can check out the article here.

 

Capturé dans une image après avoir été sorti d'un bâtiment bombardé dans la ville d’Alep, Omran Daqneesh, âgé de cinq ans, est installé dans un fauteuil d'ambulance trop grand pour ses jambes pour se replier sur le siège. Il n’est pas à sa place comme le sont les enfants syriens vivant dans des camps de déplacés dont la vie quotidienne devrait être occupée par le jeu, non par la guerre. Malheureusement, les jeux, s’ils existent, ne sont pas omniprésents dans l’aide humanitaire internationale, qui privilégie davantage la santé, la nourriture et l’abri. Les enfants ont besoin d’espaces de jeu car ceux-ci sont plus que de simples cours de récréation.

 

L’ergothérapie décrit les activités comme des occupations, incluant les occupations de chaque individu, mais comprend également l’occupation comme contribution nécessaire des gens au tissu social et économique de leurs communautés. Les enfants trouvent une occupation significative à jouer. Comme le jeu est une activité hautement personnalisée portant qui trouve toute sa signification personnelle dans la pratique, les environnements de jeu doivent être conçus pour répondre au contexte complexe des camps de déplacés. Cinq leçons précieuses ont été tirées lorsque des concepteurs humanitaires, des architectes et des thérapeutes ont œuvré ensemble pour concevoir des espaces de jeux pour le camp de déplacés d’Ariha à la frontière turco-syrienne dans une charrette de conception organisée par l’organisme Je veux jouer et les Architectes de l’urgence et de la coopération du 11 au 13 mars 2016 à Montréal. En plus des problèmes de logistique des économies de construction, d’approvisionnement et de transport des matières de la Turquie jusqu’en Syrie, les designers ont du se heurter aux problèmes de constructibilité et à la reproductibilité des structures, imposées par les conditions socio-politiques des enfants syriens dans les camps.

 

Leçon n ° 1 : Dans la longue guerre qui s’étend depuis 2011, les enfants sont traumatisés par la violence et l’instabilité causées par la guerre, qui sont à l’origine du développement de l’anxiété par rapport à la séparation, en particulier lorsque les petits enfants ont un ou deux parents tués. Le design peut alors aider à soulager le traumatisme même de façon limitée. Il va de soi que même si les enfants ont besoin d’indépendance, l’espace de jeu doit, en tout temps, permettre la connexion visuelle aux adultes. Cette condition physique aide les enfants à développer un sentiment de sécurité et de confiance. Cela suppose qu’on réfléchisse aux détails, afin que la zone de surveillance des adultes se perde dans l’espace de jeu utilisant celui-ci, comme un espace social ou rassemblement d’espace, pour les femmes, les enfants et les familles.  

 

Leçon n ° 2 : Le terrain rocailleux et aride du camp d’Ariha a besoin d’une surface plane, qui puisse être utilisée par les enfants pour jouer au football, au basket-ball, à la corde à sauter, pour courir ou exécuter des mouvements de base de jeu et ainsi développer les mouvements essentiales pour les muscles et la coordination. La plate-forme marque un espace dédié aux enfants, circonscrivant leur espace privilégié. L’environnement de jeu pour les enfants est une extension d’autres environnements intérieurs manquants et difficiles à imaginer dans les abris étroits des camps où ils sont confinés.  

 

Leçon n ° 3: Lors de la conception des espaces de jeux pour les camps de déplacés, il faut créer une coterie d’environnements et d’opportunités de structures qui sont très flexibles afin que les enfants se les approprient et les ré-imaginent à volonté le lendemain, de façon rituelle. Ils sont ainsi libres d’imaginer une multiplicité d’associations. Imagions des espaces hautement inclusifs pour une gamme d’âge et d’intérêts en liaison avec la tendance des enfants à improviser. Un grand tableau serait ainsi une grande surface interactive en ardoise pas chère, durable que les enfants pourraient personnaliser par le coloriage et le dessin avec des craies de couleur; les mouvements des bras qui font de grands cercles sont particulièrement attrayants pour les jeunes  enfants. On pourrait inclure des pièces détachables dans les structures de jeux, comme des blocs de construction colorés surdimensionnés, que où les enfants pourraient déplacer afin de construire leurs propres structures.

 

Leçon n ° 4: Plus de 2,6 millions d’enfants syriens ne sont pas scolarisés. Les écoles restent également une des problématiques pas suffisamment prise en considération  par les organisations d’aide humanitaire. Cependant, beaucoup d’enfants aspirent à aller à l’école. Aller à l’école est une occupation à temps plein pour les enfants: ils quittent la maison pour aller à l’école, pour être avec d’autres enfants, d’apprentissage, le dessin, le chant, les moments de répit, le déjeuner, et toutes les activités connexes: comme s’habiller ou faire son sac, permettent aux enfants de donner un réel sens à leur vie d’écolier. Et cela se répète tous les jours, rythmant les journées de l’enfant.  

 

Leçon n ° 5: Les aires de jeux sont évidemment des lieux d’apprentissage. Les enfants adorent dessiner et écrire c’est qu’ils pourront désormais faire sur la grande ardoise magique multifonctionnelle précédemment mentionnée. Fournissons-leur une immense table ombragée autour de laquelle ils peuvent s’asseoir sur de longs bancs enracinés dans l’espace. L’ensemble fournissant matériellement et symboliquement un sentiment de permanence et d’universalité.

 

Une autre leçon: comment peut-on imaginer passer d’une chose aussi terrible que la guerre à quelque chose d’aussi joyeux que le jeu? Un vrai paradoxe dans la mesure où nous, les concepteurs humanitaires, les architectes, les thérapeutes continuons à croire que le jeu est loin des besoins fondamentaux des enfants en temps de guerre.

Au contraire, le jeu est une urgence pour les enfants dans les camps de déplacés, surtout lorsque les lieux de jeu deviennent le refuge des activités quotidiennes pour les enfants comme pour les adultes. Dans les camps, les femmes qui sont aussi et avant tout des mères se sentent investies d’une mission d’enseignement auprès de chaque enfant. Qu’elles soient ou non enseignants, l’espace d’une guerre elles endossent ce rôle.

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